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    Le tablier……. fait-il le maçon ?

    Photo du rédacteur: ITER
    ITER
    il y a 6 heures
    13 min de lecture

    Notre BAF M.B., Vénérable-Maître de la Loge Nationale de Recherches du Rite Standard d’Écosse, nous propose une large et profonde réflexion sur le tablier maçonnique. Il écrit :


    Sommes-nous pleinement conscients, comme Francs- Maçons, de la signification, de la portée symbolique, de l’histoire qui nous est transmise par ce tablier ? En toute honnêteté et avant d’entrer en tenue, combien d’entre nous, regardons ce vêtement pour nous imprégner de son sens profond et agir en pleine conscience quels que soient nos grades, degrés ou fonctions ?

    L’esprit du profane qui va être initié est souvent pris par l’émotion, le trac et passe une partie de la cérémonie les yeux bandés. Il prête une obligation, en répétant des phrases parfois inintelligibles, difficiles à assimiler. Mais LE moment où il est dans une conscience plus « affutée », où il va être identifié comme un membre de la confrérie est celui où il va recevoir son tablier d’apprenti, moment merveilleux où celui-ci symbolise d’entrée l’appartenance au groupe. C’est ce tablier d’un blanc immaculé qu’il revêtira à chaque tenue et qui sera comme une initiation sans cesse renouvelée. Il comprendra très vite que tous les frères présents n’en sont pas au même point que lui de par l’apparence de leur vêture. Des couleurs différentes, des breloques différentes, des pompons, des rosettes, des images, tant de choses qui décorent tous ces tabliers. Mais ce tablier d’apprenti est le plus proche de celui que nous a légué la tradition de nos anciens.


    L’histoire.

    Nul n’ignore que le tablier maçonnique actuel est le descendant de celui de nos ancêtres tailleurs de pierre. L’Antiquité est là aussi pour nous rappeler que la construction des édifices en pierre nécessitait des ouvriers qualifiés et que, comme ceux du Moyen Age, ils craignaient les éclats de pierre dont ils se protégeaient très probablement au moyen de peaux, de tissus sous forme ou pas de tabliers proprement dits.

    Nous aimerions ici, partager un peu de l’histoire de ce que les anglo-saxons appellent « the apron ». Au Moyen Age, chaque métier, chaque corporation avait un tablier dévolu. Certains étaient en tissu pour les métiers dits domestiques, d’autres en cuir comme les cordonniers (noirs), les forgerons, les tailleurs de pierre. Ces derniers portaient des tabliers de cuir recouvrant toute la partie antérieure du corps et étaient plutôt blancs. A cet effet le mouton était plus utilisé que l’agneau, la peau de celui-ci étant plus grande et plus épaisse. Il était maintenu au cou par une lanière de cuir, une autre lanière de cuir permettant de le nouer à la taille[1].


    Les premiers maçons spéculatifs ont porté des tabliers en cuir. W Harry Rylands[2] s’insurge d’ailleurs contre les affirmations de certains disant que les premiers tabliers maçonniques étaient en tissu.[3] Il argue à ce propos de la première représentation du 1er Grand Maitre de la 1ère Grande Loge d’Angleterre de 1717 (pas encore la GLUA !!) en portrait sauf que seule la partie supérieure du tablier est visible. C’est peut-être aussi ignorer qu’il existait déjà des maçons spéculatifs bien avant la Grande Loge de 1717 d’abord en Ecosse comme pour Robert Moray[4], puis un peu plus tard pour Elias Ashmole[5] en Angleterre. WH Rylands feint d’ignorer cela car comment imaginer que ces deux « spéculatifs » du 17ème siècle, suivis de nombreux autres, n’aient pas porté de tabliers au milieu de maçons opératifs et cela bien avant 1717. Ces tabliers leur étaient très probablement fournis par la Loge, puisqu’on retrouve dans la trésorerie des premières loges opérativo-spéculatives, des factures pour l’achat d’une douzaine de tabliers.


    Ces tabliers en cuir, longs ont perduré jusque dans les années 1740 mais dans les années 1730, les règlements de la Grande Loge ainsi que les Constitutions d’Anderson (celles de 1738 et autres) prévoyaient la possibilité d’agrémenter les tabliers de cuir avec de la soie blanche.

     


    Fig.1 : Toutes formes de tabliers au travers des âges.


    Quoi qu’il en soit, les tabliers des premiers spéculatifs :

    -        Etaient très longs, jusqu’aux chevilles, à l’instar des opératifs

    -        Etaient en cuir jusque dans les années 1740

    -        Comportaient des cordelettes, rubans ou ficelles servant à les nouer au cou et à la taille

    -        Ne comportaient pas d’ornements

    -        N’étaient pas de forme rectangulaires (voir illustrations)

    -        Etaient blancs

    -        Présentaient un trou au niveau du rabat (qui n’était pas triangulaire), permettant de l’accrocher à un bouton du gilet.

    D’ailleurs le rabat abaissé, semblait être l’apanage du Maitre de la Loge (figure 2, personnage en bleu), ce qui n’est pas une certitude, tant nombre de Maitres décidèrent souvent de le porter ainsi.



    Fig 2 : Planche datée de 1754.

    Nous voyons qu’ici une grande liberté commença à régner concernant le port du tablier. Il en va de même concernant sa « décoration » et sa confection. A partir des années 1730/40, de nombreux matériaux commencèrent à remplacer le cuir : velours, lin, satin, soie, etc.. La taille du tablier rétrécit pour arriver aux genoux ainsi que celle du rabat. Ce dernier pouvait être triangulaire ou semi-circulaire voire octogonal. Les angles inférieurs du tablier s’arrondirent, celui-ci n’étant donc plus un rectangle.

    Des bordures bleues plutôt foncées (violettes même) apparurent à cette époque souvent réservées aux grands officiers. Le bleu clair apparut lui sur les tabliers des Maitres.


    A partir de ces années et jusqu’au début du XIXème siècle, les ornements prirent place sur les tabliers, chacun pouvant y faire figurer à son goût, les symboles désirés. Les plus fréquents au début, étaient « l’œil qui voit tout », les colonnes, des équerres et des compas. Cet enrichissement alla jusqu’à des représentations très fournies, représentant tous les symboles de la Loge, la planche tracée ou l’histoire du grade ou degré représenté. Ils étaient brodés ou peints.

                                            

    Fig 3 : Tabliers de différents rites et degrés du 18 et 19ème siècles.[6]

    Tout ceci dura jusqu’en 1814, date à laquelle la Grande Loge d’Angleterre décida d’uniformiser ces tabliers que l’on retrouve au Rite Style Emulation.

               

    Et maintenant ?

    L’unification des Antients et des Moderns fut actée le 27 décembre 1813 et constitua la naissance de la Grande Loge Unie d’Angleterre. La Loge de réconciliation qui suivit l’évènement donna naissance au Rite Anglais style Emulation et cela en 1823.

    Dans ses recommandations, il fut édicté, le 2 mai 1814, la conception du tablier de ce rite :

    -        Un tablier blanc pour les apprentis

    -        Le même tablier avec deux rosettes bleu ciel en bas pour les compagnons

    -        Le même également avec une rosette supplémentaire sur le rabat pour les maitres

    Aucun autre ornement n’était autorisé sauf emblèmes des fonctions sur le tablier pour les officiers.

    Mais la Maçonnerie spéculative ne s’était pas arrêtée aux conceptions de la G.L.U.A. La maçonnerie écossaise, irlandaise s’étaient aussi structurées en Grandes Loges et la Maçonnerie continentale s’était extrêmement développée. Et au travers de ces développements, le décorum des Maçons évolua et s’identifia aux Rites et aux pays.



    Les différences ?

    Il serait long et fastidieux d’entrer dans le détail de l’expression des Rites au travers des tabliers propres à chacun d’eux et nous nous cantonnerons aux Loges bleues ou de Métier sans entrer dans la multitude des décors des Hauts Grades continentaux, Side Degrees[7] ou Beyond the Craft[8]. Quelques remarques et observations peuvent cependant nous interpeler.


    Une première observation nous montre que nos tabliers ne sont que des modèles réduits des tabliers opératifs : le tablier lui-même se réduit en hauteur et largeur (il n’y a plus à protéger les vêtements d’éclats de matière sculptée !!), le rabat ne fait que figurer la partie haute du tablier ancien (rabat maintenu en haut anciennement) et est soit rabattu dans certains rites, soit maintenu en haut dans d’autres ; enfin les cordons longs existent encore de nos jours (exemple du Rite d’York pour le V.M. par exemple), vestiges des cordons d’attache.


    Les premiers Rites importés sur le continent étaient très probablement d’origine Modern et cela en France. D’ailleurs avant que de s’appeler le Rite Français, celui-ci se nommait Rite Moderne en référence à cette origine. Nous avons vu que, dès son origine chez les spéculatifs, le tablier était de fond blanc sur lequel vint s’ajouter le bleu ciel des bordures ce que sont les couleurs du Rite Français et d’un autre Rite continental, le R.E.R.

    Avant d’entrer dans la « symbolique » des couleurs, d’autres remarques : au R.E.A.A. les bordures et ornements sont rouges pour les Maitres, apprentis et compagnons étant toujours sur le blanc. De même au Standard d’Ecosse, en France, le blanc est de règle pour les apprentis (bavette arrondie et rabattue), deux rosettes en tartan[9] pour les compagnons s’ajoutent au tablier, les tabliers des Maitres étant fait de Royal Steward[10]. Par contre en Ecosse, chaque Loge arbore son propre tartan, tradition issue des clans et familles, l’identifiant à sa Loge alors qu’en France, ce même tartan identifie à un Rite. C’est probablement le seul pays au monde, l’Ecosse, où l’identification se fait par rapport à sa Loge et non à son Rite.




    Comment est-il porté ?

    La maçonnerie continentale nous montre le tablier porté par-dessus la veste. En revanche au Rite Standard d’Ecosse, par exemple, il se porte sous la veste, celle-ci étant donc ouverte ou alors sous (sens haut/bas) un spencer (qui arrive juste à la taille). Y a-t-il une explication à cela ? il n’y a pas vraiment de références crédibles écrites ou alors tardives. Faut-il voir encore un « héritage » de l’ancienne tradition ? Il faut peut-être (je dis bien peut-être) revenir à cette « partition » opératifs/spéculatifs au début de cette aventure.

    Il fallait sûrement les différencier mais pas nécessaire de regarder les tabliers pour cela, la simple vêture habituelle d’un homme du bâtiment et de celle d’un lord ou d’un bourgeois devait suffire à cela. Ce qui semble évident est que le port du tablier à la « continentale » est un héritage purement spéculatif (fig 2). A l’origine on peut imaginer que les spéculatifs pouvaient venir à une tenue de Loge en habit civil, celle de leur journée. Ils passaient donc leur tablier par-dessus le justaucorps (sorte de manteau long richement boutonné). Pour les opératifs, des ouvriers la question se pose de savoir s’ils gardaient les vêtements de travail de la journée (avec ou sans tablier ?) ou se changeaient-ils ? pas de réponse documentée à ce sujet.

     Il est probable que la pratique écossaise soit issue non des opératifs, mais du port du spencer (né en 1790) et devenu à la mode au 19ème siècle, permettant de porter le kilt sans en dissimuler les plis ou le tartan et surtout par les militaires.


    Symboliquement ?

    Le P.M. Harry Rylands à la fin du 19ème siècle et F.R. Worts au 20ème siècle, tous deux membres d’Ars Coronatorum Loge de recherche de la GLUA montent au créneau concernant l’exagération des valeurs symboliques liées au tablier. Ceci est à l’adresse évidemment du Suprême Conseil de l’époque, déjà cité dans certaines Constitutions comme une entité « adverse ». Worts s’en prend directement à des maçons comme Fort Newton[11] ou Wilmshurst[12] dont l’enseignement maçonnique est beaucoup trop ésotérique, dit-il. Ceci semble assez radical.


    Cependant il y a un hiatus important entre ce qu’est le symbolisme et ce qu’un PGM français qualifie de « symbolatrie » (dixit) c’est-à-dire un certain « extrémisme » du symbolisme. Une définition largement acceptée de la Franc-Maçonnerie est : « un système particulier de morale, enseignée sous le voile de l'allégorie au moyen de symboles », c’est ce qui est dit dans la maçonnerie anglo-saxonne.


    Cette franc-maçonnerie dite « ésotérique », met l'accent sur le processus initiatique censé faire passer le membre des « ténèbres » extérieures à une « illumination » intérieure. Pour celle-ci l’étude ésotérique liée aux symboles est un chemin respectable, crédible et probablement « initiant » et édificateur d’un maçon des ces rites. Il est évident que l’on est aux antipodes de que représentait un tablier pour le maçon opératif du chantier de la construction. Les premiers spéculatifs y apportèrent une forme de symbolisme qu’ils avaient hérité de la Rose Croix, très à la mode à la Renaissance et dont faisait partie Moray et Ashmole et d’autres après eux.

    Mais il n’y avait pas une « frénésie » de vouloir tout disséquer et le symbolisme affiché s’appliquait surtout à l’ensemble de l’œuvre de construction de l’édifice puis de l’homme. Si l’on considère que le tablier du maçon est universel (avec quelques différences ça et là), on ne peut donc pas dire par exemple : « le rectangle du tablier représente les quatre éléments » ou encore : « le triangle du rabat symbolise l’homme » etc. D’abord comme on l’a vu, tous les tabliers n’étaient pas ou ne sont pas tous rectangulaires et tous n’ont pas un rabat triangulaire !! « Le bleu ciel des tabliers symbolise la charité !! » ce qui voudrait dire que pour les FF du REAA, la charité n’est pas une vertu cardinale puisque leurs bordures sont rouges ??? Quant à l’ésotérisme lié à l’attache en forme de « serpent »…..le bouchon est poussé loin.

    Il faut faire un distinguo dans nos démarches initiatiques, spécialement pour nos apprentis, entre un insigne, un emblème et un symbole, c’est ce que recommande Worts dans ses publications. L’insigne représente une marque représentative d’une appartenance à une entité morale. Le tablier est un insigne qui marque l’appartenance à la Franc-Maçonnerie et le lien matériel qui nous unit.


    L’emblème peut être un objet, une figure graphique représentant une idée, quelque chose d’abstrait parfois non représentable graphiquement ayant une valeur symbolique représentant une idée, quelque chose d’abstrait (le Christianisme avec la Croix, le rouge pour l’amour ou le feu etc.).

    Le symbole peut être un objet, un signe représentant un concept ou une idée abstraite soit simples et évidents soit demandant un peu plus de curiosité dans l’interprétation. Les notions d’emblème et de symbole peuvent se rejoindre en Franc-Maçonnerie.

    N’oublions pas que dans la définition de la Maçonnerie vue plus haut figure le mot allégorie, qui signifie la représentation d’une idée abstraite sous une forme concrète. Dans les Rites anglo-saxons, il semble que le procédé allégorique soit employé de manière courante sans demander aux FF d’aller chercher très loin mais de se concentrer sur les vertus cardinales du maçon à chaque degré. On y parle par exemple du maillet, du ciseau et de la règle de 24 pouces chez les opératifs, suivi d’une phrase de liaison disant : « mais comme nous ne sommes pas des opératifs mais des maçons spéculatifs ou francs et acceptés, nous appliquons ces outils à notre conduite morale ». S’ensuit une reformulation des trois outils, évocatrice de vertus morales. Le maçon passera ensuite, tout au long de son parcours, des vertus cardinales aux vertus ordinales (ou plutôt théologales).


    Le travail des anciens maçons et de ceux pratiquant la maçonnerie anglo-saxonne consistait donc dans les Loges de Métier, de simplement se servir de l’allégorie par un symbolisme assez basique, de travailler sur le rituel en s’en imprégnant, pour développer ses propres vertus. N’oublions pas que l’on part de documents simples comme les Old Charges[13] pour passer au Rituel du Mot de Maçon[14].


    Pour revenir au symbolisme du tablier (forme, couleur, décors), les anglo-saxons restent sur des explications simples, souvent contenues dans le rituel lui-même dont s’imprègnent les Frères. C’est une des raisons, entre autres, pour les quelles vous n’entendrez jamais de planches et en particulier, dans le cas présent, sur le tablier et ses symboles. Lors de l’initiation il est question de la blancheur symbolisant pureté et innocence (quelle innocence ? le symbole de la peau d’agneau blanche ?). Le tablier figure aussi « un lien d’amitié » représentant sûrement des vertus fraternelles. Il témoigne, comme emblème, de l’ancienneté de notre Ordre. Quant au tablier de Maitre, on est plus sûrement, sur un insigne d’autorité, permettant la pratique de l’enseignement aux plus jeunes (apprentis, compagnons). Pour autant le symbolisme est présent dans ces rituels, insistant sur les outils des trois degrés, sur le décorum et les « meubles » de la Loge, incitant chacun à se questionner sans aller chercher des explications dans la Kabbale (même si…) ou autres Livres et écrits de la Tradition antique. Et pourtant, et pourtant !! le Rite du Mot de Maçon, au 17ème siècle, était attaché à une idée de supranormal, de mystère, influencé par la Rose Croix (des premiers spéculatifs). Il y avait bien de l’ésotérisme…..mais pas forcené. Cela influença très probablement, les futurs rituels maçonniques (dont la plupart en sont originaires).

    Les tabliers des rites dits continentaux sont apparus plus tard, en France en particulier, au début du 18ème siècle. On peut imaginer que les premiers tabliers sur le sol français étaient tous d’inspiration anglaise, donc simples au début et se chargeant de décors au fur et à mesure du temps passant. Pour le R.E.R il y a de fortes chances que l’uniformisation du tablier prenne source au Convent des Gaules en 1778 officialisé à Wilhelmsbad en 1782 et soit actuellement à peu près dans la forme de l’époque (les spécialistes de ce rite éclaireront ma lanterne !!). Pour le Rite Français, on peut supposer la codification du tablier en même temps que celle des rituels soit dans les années 1780. Il semble qu’au R.E.A.A. le liseré rouge de la bordure du tablier de Maitre, s’installe vers 1821 sous l’impulsion du Suprême Conseil de France, le rouge étant probablement la couleur du feu alchimique, le blanc étant de mise pour apprentis et compagnons.

    Il est quasi impossible d’entrer dans les détails de chaque tablier pour chaque Rite en y ajoutant Memphis Misraim, R.O.S[15], Rite Irlandais ou d’autres. Une remarque : quelque soit le Rite, tous sont entièrement blancs sans aucun ajout. Cela change seulement à partir du degré/grade de Compagnon.

    Je pense que cette uniformité, unanimement consentie par tous les Rites, a une signification qui s’explique par plusieurs raisons :

    -        Une transmission de la tradition ancestrale du tablier des opératifs, respectée par tous.

    -        Une acceptation par tous également de la simplicité du tablier qui n’amène normalement pas à de grandes considérations métaphysiques pour l’apprenti qui découvre et s’imprègne de la blancheur.

    -        La simple notion d’appartenance au groupe comme le dit David Stevenson[16].

    -        Aucun symbole sur le tablier. L’apprenti vêtu du tablier, ses outils en main, commence à travailler sur la « Pierre », sur lui ; il écoute, il regarde ; il observe.

    Certain tous nos chemins initiatiques ne sont pas identiques, liés à nos héritages réciproques et mes sensibilités Française et Ecossaise, influencent mon écrit. Il n’y a pas de jugement de valeur et d’a priori ; cependant, pour avoir assisté à des cérémonies dans tous les rites précités, j’ai souvent pu constater de la « symbolatrie », (vous savez ce symbolisme poussé à l’extrême) et j’ai eu la sensation qu’on demandait à l’apprenti de poser la tapisserie avant d’édifier les fondations de la construction.

    Une jolie métaphore de l’expression latine « manum de tabula », (il faut savoir arrêter le travail) renvoie à l’idée qu’un perfectionnisme abusif ou excessif gâte l’ouvrage ou la réflexion…….

    Pour reprendre mes titres et sous titres de ce petit travail, j’ai rencontré, comme beaucoup, tout au long de ma vie, des hommes que l’on peut qualifier de « maçons sans tablier » !! Le Tablier ne donne pas de la qualité, il doit essayer de l’inspirer.


     M.B.

    09/2026.

     


    [1] Nous verrons plus loin les réminiscences de ces lanières dans certains décors de Rites spéculatifs

    [2] P.M. de la Loge de recherche Ars Quatuor Coronatorum de la G.L.U.A.

    [3] Article « The Masonic Apron » 1896.

    [4] Purement spéculatif, initié à Edimbourg en 1641

    [5] Purement spéculatif, initié à Warrington, Lancashire en 1646.

    [6] Nul ne sera choqué par la présence ici de ces tabliers, inconnus de maçons d’autres Rites et de grades ou degrés différents. Ils sont en libre consultation sur Internet. Ndr.

    [7] Pour Emulation

    [8] Pour le Standard d’Ecosse.

    [9] Motif géométrique typiquement écossais fait de lignes horizontales et verticales.

    [10] Tartan à dominante rouge, originaire de la famille Stuart, ayant régné sur l’Ecosse.

    [11] F.M. américain 1880-1950, pasteur, 33ème au Rite Ancien et Accepté.

    [12] F.M. britannique 1867-1939, auteur de « the meaning of masonry », très enclin à une signification très ésotérique de la F.M.

    [13] Rituel anglais du 13 et 14ème siècle purement opératif et d’influence anglicane

    [14] Purement écossais de 1636 d’influence presbytérienne.

    [15] Rite Opératif de Salomon

    [16] In : « les origines de la Franc-Maçonnerie, le siècle écossais ».


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